Les frais entretien assistante maternelle 2026 soulèvent une question récurrente chez les parents employeurs : ces sommes versées chaque mois sont-elles remboursées, en tout ou en partie, par les aides publiques ? La réponse suppose de distinguer deux mécanismes qui fonctionnent de façon indépendante : d’un côté, les règles qui fixent le montant des indemnités d’entretien ; de l’autre, les dispositifs d’aide à la garde comme le Complément de libre choix du mode de garde (CMG), versé par la Caf.
Indemnité d’entretien assistante maternelle : un remboursement de frais, pas un salaire
L’indemnité d’entretien n’est pas une ligne de rémunération supplémentaire. Elle compense les dépenses que l’assistante maternelle engage pour accueillir l’enfant à son domicile : électricité, chauffage, eau, produits ménagers, matériel de couchage, jouets et fournitures d’activités. Ce périmètre est défini par l’article D423-6 du Code de l’action sociale et des familles.
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Cette nature de remboursement a une conséquence directe : l’indemnité n’entre pas dans l’assiette des cotisations sociales. Elle s’ajoute au salaire net sur le bulletin, mais ne suit pas les mêmes règles de calcul ni les mêmes obligations fiscales.
Les couches, les repas et les déplacements ne sont pas couverts par cette indemnité. Ils font l’objet d’une prise en charge séparée, définie dans le contrat de travail.
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Montants minimaux 2026 : plancher légal et plancher conventionnel
Deux seuils coexistent, et c’est le plus favorable pour la salariée qui s’applique.
Le plancher légal, fixé par le Code de l’action sociale et des familles, est établi à 85 % du minimum garanti par enfant pour une journée de neuf heures. Le minimum garanti s’élevant à 4,35 euros depuis le 1er juin 2026, ce plancher légal ressort à 3,70 euros par enfant et par jour de neuf heures.
La convention collective des particuliers employeurs prévoit un plancher plus élevé : d’après service-public.gouv.fr, l’indemnité conventionnelle est au moins égale à 3,92 euros par enfant pour une journée de neuf heures, avec un minimum absolu de 2,65 euros quelle que soit la durée d’accueil. C’est ce montant conventionnel qui s’applique dans la pratique.
Une revalorisation est intervenue au 1er juin 2026, annoncée notamment par le syndicat Spamaf. Les contrats en cours devaient intégrer ce nouveau barème à cette date.

Le CMG rembourse-t-il les frais d’entretien de l’assistante maternelle ?
La confusion vient du fait que le CMG est souvent présenté comme une aide couvrant « les frais de garde ». Dans les faits, il finance une partie du coût global de la garde, sans distinguer poste par poste ce qui relève du salaire, des cotisations patronales ou des indemnités d’entretien.
Le CMG n’est donc pas un remboursement ligne à ligne des indemnités d’entretien. Il réduit la part que le parent supporte sur l’ensemble de la dépense de garde, selon des barèmes qui dépendent des ressources du foyer et du nombre d’enfants.
En pratique, cela signifie qu’un euro d’indemnité d’entretien versé à l’assistante maternelle n’est pas automatiquement remboursé à l’euro près par la Caf. Le CMG est calculé globalement, et son montant effectif dépend de la situation familiale.
Le cas particulier de la résidence alternée depuis décembre 2025
La Caf a modifié les règles du CMG en résidence alternée à partir de décembre 2025 : chaque parent séparé ayant opté pour ce mode de garde peut désormais bénéficier du CMG de façon individuelle. Cette évolution change la façon dont les frais de garde, y compris les indemnités d’entretien, sont répartis et pris en charge entre les deux foyers. Les parents concernés ont intérêt à vérifier leur situation auprès de leur Caf.
Ce que le contrat doit préciser sur les frais d’entretien
Le montant de l’indemnité d’entretien doit figurer explicitement dans le contrat de travail conclu entre le parent employeur et l’assistante maternelle. C’est une mention obligatoire, au même titre que le salaire horaire ou les horaires d’accueil.
Plusieurs points méritent d’être précisés dans ce contrat :
- Le montant journalier de l’indemnité d’entretien, en vérifiant qu’il respecte le plancher conventionnel de 3,92 euros pour neuf heures d’accueil.
- Les modalités de calcul pour les journées plus courtes, en particulier en dessous du seuil réglementaire qui modifie le calcul proportionnel.
- La prise en charge des repas et des couches, qui ne sont pas inclus dans l’indemnité d’entretien et doivent être traités séparément.
- Les indemnités kilométriques, si l’assistante maternelle transporte l’enfant, qui obéissent à leur propre barème.
Un contrat précis sur ces points évite les contestations en cours d’exécution. Les désaccords sur les indemnités d’entretien surviennent souvent parce que le montant a été fixé sans référence explicite au barème, ou parce que la durée d’accueil fluctue sans que les règles de recalcul aient été anticipées.
Fiscalité des indemnités d’entretien pour les parents
Du côté du parent employeur, les indemnités d’entretien ne sont pas prises en compte dans l’assiette de calcul du crédit d’impôt pour frais de garde. Le crédit d’impôt porte sur la rémunération nette versée à l’assistante maternelle et sur les cotisations patronales, pas sur les indemnités d’entretien.
Cette distinction a une incidence directe sur le budget réel de la garde. Le coût net des indemnités d’entretien reste intégralement à la charge du parent, sans réduction fiscale ni remboursement Caf spécifique à cette ligne. Seule la part « salaire + cotisations » bénéficie des dispositifs d’aide existants.
Pour un parent qui souhaite évaluer le coût complet de la garde, il faut donc additionner trois éléments distincts : le salaire net de l’assistante maternelle, les cotisations patronales (partiellement couvertes par le CMG), et les indemnités d’entretien (sans aide directe attachée à cette ligne). La différence entre le coût brut et le coût net après aides dépend du barème CMG applicable au foyer, que la Caf calcule selon les ressources déclarées.

