Sept heures d’exposition quotidienne aux écrans. Ce n’est pas une extrapolation, mais la réalité mesurée chez les adultes français en 2023, tous usages confondus. L’Organisation mondiale de la santé, elle, n’hésite pas : dépasser deux heures par jour suffit à faire grimper les risques de troubles physiques et psychiques, surtout chez les jeunes.
Dans les cabinets médicaux, les plaintes pour fatigue oculaire, insomnies et douleurs liées à la sédentarité se multiplient. D’autres études révèlent des liens entre le temps passé face à un écran et l’apparition de symptômes anxieux ou dépressifs, même chez ceux qui n’avaient aucun antécédent.
Sept heures devant un écran : un chiffre qui interroge
Cette donnée, issue des dernières enquêtes françaises, ne laisse personne indifférent. Voir s’installer une telle habitude, passer plus de sept heures par jour devant un écran, n’a plus rien d’exceptionnel. Les enfants ne sont pas en reste : l’Inserm constate que même dès le primaire, ils cumulent déjà plusieurs heures au quotidien, entre devoirs, loisirs numériques et réseaux sociaux.
Les conséquences de cette surexposition se manifestent par des signaux bien identifiés : le taux de masse corporelle grimpe, le sommeil se fragmente, la concentration s’effrite. La connexion entre le temps d’écran et la santé physique ne relève plus du simple soupçon. Les chercheurs tracent une ligne claire : plus l’écran s’impose, plus la sédentarité s’installe, parfois dès les premières années de vie.
Pour mieux comprendre ces effets, voici ce qui ressort des études :
- Dangers pour la santé : fatigue visuelle, douleurs musculo-squelettiques, troubles du sommeil.
- Effets sur la santé mentale : anxiété, isolement, irritabilité chez les enfants et adolescents.
- Mauvaises habitudes alimentaires, souvent associées au grignotage devant un écran.
Personne n’est vraiment épargné. Chez les plus jeunes, l’Inserm tire la sonnette d’alarme : l’usage trop fréquent des écrans aggrave la prise de poids et accentue les inégalités de santé. Face à l’explosion des supports numériques, la place de l’écran s’invite dans les débats familiaux. Entre exigences scolaires, loisirs et nécessité de préserver l’équilibre, la question du juste dosage s’impose avec force.
Quels impacts sur le corps et l’esprit ?
Sept heures par jour : pour les spécialistes, le corps paie rapidement la note. Les effets ne se limitent pas à la fatigue visuelle. Santé publique France met en avant l’essor des troubles musculo-squelettiques : nuque raide, épaules douloureuses, dos tendu. Autrefois réservés aux salariés de bureau, ces symptômes touchent désormais aussi les enfants et les adolescents.
Le cerveau non plus n’est pas à l’abri. La surexposition numérique pèse sur l’attention et l’apprentissage, l’Inserm en témoigne. Les enfants qui subissent un usage massif de l’écran rencontrent plus de difficultés à se concentrer, connaissent un ralentissement de leurs acquis et se replient parfois sur eux-mêmes. Les conséquences psychologiques s’invitent : anxiété, irritabilité, troubles du sommeil, la liste s’allonge.
Les études identifient plusieurs effets notables :
- Augmentation du taux de masse corporelle chez les jeunes, conséquence d’une activité physique en berne.
- Développement de comportements alimentaires déséquilibrés, souvent en lien avec le visionnage passif.
- Rythme veille-sommeil perturbé, comme le souligne Santé publique France.
Le numérique chamboule nos repères. La lumière bleue diffusée par les écrans freine la sécrétion de mélatonine, l’hormone qui régule le sommeil. Pour un adulte, les effets ressemblent à ceux observés chez l’enfant : difficultés d’endormissement, fatigue persistante, baisse de vigilance. Les professionnels de santé insistent : cette pratique, devenue banale, façonne de nouvelles fragilités, parfois encore mal cernées.
Quels impacts sur le corps et l’esprit ?
La surexposition aux écrans bouleverse autant le corps que l’esprit. Les experts pointent du doigt la lumière bleue émise par les appareils numériques. Son action nocive sur la rétine est bien connue, mais elle dérègle aussi la production de mélatonine. L’endormissement se fait attendre, le sommeil perd en qualité, la récupération ne suit plus. Chez l’enfant, l’Inserm observe des troubles du sommeil : somnolence en journée, attention en classe diminuée.
Au-delà de la lumière, la posture adoptée devant les écrans aggrave les tensions musculaires. Rester assis de longues heures, tête penchée et épaules voûtées, finit par provoquer douleurs et raideurs. Santé publique France constate une progression des troubles musculo-squelettiques, qui ne se cantonnent plus au monde du travail mais frappent dès l’enfance.
Voici les principaux symptômes repérés par les spécialistes :
- Sommeil : retard d’endormissement, réveils fréquents, sensation de sommeil non réparateur.
- Vision : fatigue oculaire, sécheresse, maux de tête à répétition après plusieurs heures d’écran.
- Posture : douleurs cervicales, tensions dorsales, raideurs dans les articulations.
L’impact ne s’arrête pas là. L’usage massif du numérique agit aussi sur la santé mentale : hausse de l’irritabilité, de l’anxiété, voire troubles de l’humeur. Les travaux de l’Inserm et de Santé publique France se recoupent : il ne s’agit plus de simples désagréments, mais d’une vulnérabilité profonde, trop souvent sous-estimée.
Des gestes simples pour mieux vivre avec les écrans au quotidien
Avec la multiplication des sollicitations numériques, adapter ses habitudes devient une nécessité. Réduire le temps d’écran, notamment chez les plus jeunes, relève désormais de l’enjeu de santé publique. Serge Tisseron, psychiatre, et Sabine Duflo, psychologue, insistent sur l’importance d’organiser le temps et de poser des règles claires à la maison.
Quelques stratégies concrètes peuvent être mises en place :
- Prévoyez des temps sans écran en soirée, au moins une heure avant de dormir. Cela favorise le calme intérieur et un meilleur sommeil.
- Misez sur la variété des activités : jeux, lecture, sport. Alterner les occupations limite la sédentarité et stimule l’inventivité.
- Pour les enfants, posez des repères précis : pas d’écran avant 3 ans, jamais à table ou dans la chambre, comme le rappelle Serge Tisseron.
L’implication des parents joue un rôle central. Partager un contenu, discuter des usages numériques, ouvrir le dialogue : toutes ces démarches créent du lien et préviennent les dérapages. Sabine Duflo rappelle que prendre le temps d’échanger régulièrement, c’est aussi comprendre ce qui attire les jeunes et anticiper les pièges des réseaux sociaux.
La posture devant l’écran ne doit pas être négligée non plus. Encourager les pauses, ajuster la position, veiller à l’éclairage : autant de petits gestes qui font une vraie différence pour limiter la fatigue visuelle et les douleurs. Prévenir, c’est aussi s’engager sur la durée, en famille, pour que le numérique reste un allié et non un fardeau.
À force de s’imposer dans nos vies, les écrans dessinent une nouvelle frontière : celle entre connexion permanente et équilibre retrouvé. Reste à chacun de choisir le camp où il veut se tenir.


